Faïencerie Delor - Céramique Saint-Antoine
En juillet 1927, Fernand Debay, époux d’Arille Delor fonda la Société ‘Céramique Saint-Antoine’ (1), sise à Baudour, rue Joseph Wauters n° 55 (2). Il en confia la direction à Jules Delor (3) dont le père, Ernest Delor (4), avait été décorateur à la Manufacture de Porcelaine de Baudour, à l’époque de la famille de Fuisseaux.
En 1958, Pierre-Marie Delor (5) reprit l'atelier, mais en qualité d’indépendant. En 1969, l’entreprise continua mais sous forme de société dont Pierre Marie Delor fut le directeur.
Cette usine fabriqua de la vaisselle, des carreaux de revêtement en faïence (divers modèles : blasons, écussons, Breughel, vitraux, moissons, …), des grès d’art, des céramiques décoratives et architecturales, des seuils de fenêtres principalement en terre cuite émaillée à la main.
En 1978, Etienne Delor, papetier à Baudour, cousin de Pierre-Marie Delor, rachète l'atelier mais permet à Raymond Delor, fils de Pierre-Marie, et à son épouse Brigitte Alleman de rester locataires des ateliers.
Agissant en indépendants, ils ne peuvent garder l'appellation et inscrivent leur activité au RC début 1980 sous l’appellation ‘La Maison de la Terre’. En 1985, ils établissent ‘La Maison de la Terre’ à Baudour, rue du Parc n° 14 ; en 1989 Raymond Delor et son épouse décident de quitter Baudour et de s’installer à Ghlin, rue du Fort n°16.
Lors de la fermeture de la faïencerie de Nimy, les créateurs de la ‘Maîtrise de Nimy’ cuisirent leur production dans les fours de cette entreprise.
Pratiquement, tout est fait à la main, rien n’est mécanisé. M. Delor achète sa terre brune à plusieurs fournisseurs et notamment dans les régions de la Meuse et de l’Entre-Sambre-et-Meuse.
M. Delor : une terre rouge toujours différente.
« Je prépare mes mélanges de terre rouge, nous dit M. Delor, suivant les émaux que je dois composer. Le drame qui nous guette à chaque livraison réside principalement dans les variantes de composition des mélanges. Il nous faut sans cesse déterminer les composants pour obtenir un résultat positif. Quand la terre a été séchée, elle est ensuite moulue, broyée, malaxée, pour obtenir un mélange fin qui permet l’estampage ou le tapage en moule de plâtre.
Quand le moule est coulé, il importe de le laisser sécher avant de passer au four à une température de 1.000° pour la première cuisson. La ‘recuisson’ se fait après un nouveau séchage, mais à une température plus basse. À ce moment, la pièce offre déjà une solidité certaine. La plupart des produits sont alors prêts pour la décoration. Les émaux qui sont dorés sont recuits, mais à plus basse température.
Nos principaux clients sont surtout des négociants de construction et des fabricants de cheminées »
Pierre-Marie Delor dans son atelier (6).
Sources :
(1) Témoignages d'hier et d'à présent, exposition réalisée à Saint-Ghislain en 1990 par les seniors de l’entité et documents divers (collection privée).
(2) RC Mons n°14.767 folio 346.
(3) Né à Baudour le 23 décembre 1891, y décédé le 1 juillet 1961. Époux de Madeleine Huart.
(4) Né à Baudour le 16 mars 1860, fils de Jean-Baptiste et de Cordule Sartiaux – Archives de l’Etat – Registres communaux – Actes de naissance de Baudour – page 173.
(5) Fils de Jules et de Madeleine Huart.
(6) Extrait d’un journal paru le 8 octobre 1969. Malgré nos recherches, nous n’avons pu identifier formellement cette source, la coupure nous étant parvenue incomplète.
