Faïencerie du Paradis

 

FAÏENCERIE DU PARADIS – 1920

Il a existé à Baudour, à la rue du Paradis une petite faïencerie tenue au départ, dans les années vingt par un dénommé Hyppolite Lefebvre, français d'origine et un belge du nom de Ermelle Ballan; signe distinctif, tous deux étaient bossus (Mme Carlier-Mathieu, fille de Bertha Dréaux)
Mme Lhoir de Baudour, qui possède encore des pièces sortant de cette faïencerie nous dit qu'elle était située dans un quartier de maisons ouvrières où les familles nombreuses n'étaient pas rares et, pour l'anecdote, elle se rappelle qu'un des derniers enfants d'une de ces familles, qui fut ouvrier à la faïencerie portait le sobriquet de Louis XVIIII tant il avait de frères et soeurs.
L'entreprise compta toujours quelques ouvriers et Mme G. Carlier-Mathieu, dont la maman y travailla comme peintre peut encore en nommer quelques-uns. ‘Il y avait Victor de Wasmuël, Gaston, Gustave, Berthe de Douvrain, la maman de Jean Lebrun’.
Ce dernier se souvient de peu de choses sauf du fait que la Faïencerie du Paradis eut l'honneur de fabriquer le vase commémoratif du centenaire de l'indépendance de la Belgique en 1930 et que c'était une fort jolie pièce.
Monsieur Robert Marlier de Douvrain qui est né à la rue du Paradis et fut voisin immédiat de la faïencerie a encore le souvenir que cet atelier s'appelait dans les années trente ‘Art et Majolique’ et qu'elle fut gérée sous cette dénomination par M. Gustave Preys de Tertre. M. Marlier, âgé de 10 ans en 1933, participait à la vie de cet atelier ou il allait souvent car son père allait donner un coup de main en surveillant les pièces dans les fours pendant la nuit tandis que sa maman faisait office de concierge bénévole. Des camions venaient chercher la marchandise qui était emballée dans de grandes caisses avec de la paille.
Lorsque M. Gustave Preys quitta la rue du Paradis pour aller reprendre la Faïencerie du Lion à Tertre ‘ Art et Majoliques ‘ ferma définitivement ses portes (± 1935)
Elle avait produit quelques beaux objets de décoration : garnitures de cheminées à vases tulipes et vasque au milieu dans des tons flammés et dégradés d'un aspect assez esthétique, des sabots muraux et autres objets d'ornement.

Aucune pièce connue avec certitude.

Source : Témoignages d'hier et d'à présent, exposition réalisée à Saint-Ghislain en 1990.